Lundi 22 février 2010
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L’enquête de l’ISAST a révélé la situation atypique du personnel de Pôle emploi par rapport à l’ensemble de la population salariée en France,
et le niveau élevé de risque psychosociaux auquel il se trouve soumis. En ressort un taux anormalement élevé de personnels concernés par le travail sous tension (71,2 % de personnes
concernées à Pôle emploi, contre environ 25 % en France selon l’enquête SUMER 2003).
Or la médecine du travail estime qu’au delà de 42 % de personnes en situation de travail tendu, on peut prévoir un risque élevé de
dégradation de leur santé : accident cardiovasculaire, dépression, épuisement au travail, passage à l’acte suicidaire, troubles musculo-squelettiques, diminution des défenses immunitaires,
troubles du sommeil, pathologies de l’appareil digestif, pathologie de la grossesse, troubles de l’alimentation, surconsommation de tabac, alcool, etc…
Cette proportion importante de population concernée par le travail sous tension, se combine à un score extraordinaire de la demande
psychologique qui en est une des composantes de cette situation (score médian de 28, alors que l’échelle SUMER 2003 s’arrête à 23), et une faible latitude décisionnelle en regard du niveau de
qualification de ces salariés. Un niveau médiocre de soutien social (45,6 % des répondants en situation de soutien social bas) potentialise le danger des postes de travail sous
tension.
L’arrivée en fin de droits d’un million de demandeurs d’emploi en 2010, l’augmentation du nombre de bénéficiaires du RSA, et la faiblesse du
nombre d’emplois disponibles dessinent un contexte dans lequel, avec la réception d’un plus grand nombre d’usagers en situation d’urgence sociale, la demande psychologique va continuer de
s’accroître pour les équipes de Pôle emploi.
Par ailleurs l’enquête mettait en avant le nombre élevé de personnes rencontrant un conflit de valeurs dans une activité professionnelle dans
laquelle elles sont hautement investies.
Afin de restaurer la capacité décisionnelle des agents et de renforcer le soutien social, nous mettons l’accent sur la reconstruction des
espaces d’échanges entre salarié-es, puis entre salarié-es et leur hiérarchie sur les difficultés posées par le travail, permettant ainsi l’exercice effectif « du droit à l’expression
directe et collective sur le contenu, les conditions d’exercice et l’organisation de leur travail » prévu par l’article L 2281-1 du Code du Travail.
Prenant la mesure du niveau très élevé des risques pour la santé du personnel de Pôle emploi, et conscients de leurs
responsabilités vis à vis des femmes et des hommes qui le composent, le SNU-FSU préconise la mise en œuvre sans délai d’une série de mesures d’urgence.
Paris, le 18 février 2010
LE DOSSIER COMPLET
TRANSMIS à L'AFP et à LA PRESSE :
Propositions
SNU-FSU sur RPS Pôle emploi