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Les agents de Pôle emploi refusent de jouer « les auxiliaires de police »
vendredi 03.07.2009 - La Voix du Nord
PHOTO MAX ROSEREAU
Le MRAP et la Ligue des droits de l'homme
s'associent aux agents pour refuser la machine à UV.
Depuis un mois, des lampes à UV censées permettre de vérifier l'authenticité des papiers des chômeurs équipent les agences Pôle emploi. En cas de doute sur la
validité, la préfecture est contactée. Le SNU, principal syndicat, dit « refuser de pratiquer la délation ».
Mai 2009 : les agents Pôle emploi de la région voient arriver une note interne. Une machine à lecteur optique sera installée en juin dans les arrière-salles des
sites. Le but ? Lutter contre l'usage de faux papiers par des chômeurs peu scrupuleux. Aux agents de vérifier discrètement en les passant à la machine l'authenticité des papiers présentés au
moment de l'inscription. Et, en cas de doute, la préfecture est alertée par le service prévention des fraudes du Pôle. Sans que le chômeur soit prévenu. Ensuite ? Une chasse policière aux
sans-papiers, craint le SNU Pôle emploi, qui dénonce cette situation et demande le retrait des machines.
« Il est normal que les agents demandent une pièce d'identité mais on n'est pas des auxiliaires de police », s'insurge Sabine Landrevie, responsable du SNU Pôle emploi-FSU, qui dit que la lutte contre les fraudes relève du parquet et non de la préfecture.
Contrôles
Me Emmanuelle Lequien, du syndicat des avocats de France, appuie. « Sous couvert de lutte contre la fraude aux ASSEDIC, on augmente les contrôles dont la
destination est le ministère de l'Immigration. Et on demande aux agents de mentir en racontant aux demandeurs d'emploi que, sous prétexte d'affluence, leurs demandes d'allocations seront
différées. Mais pendant ce temps-là, on s'adresse à la préfecture ! » Le 25 juin, le directeur régional a annoncé qu'il recevrait en entretien les agents qui refuseraient d'appliquer cette
procédure. « Je suis persuadé que la grande majorité oubliera de le faire comme ce fut le cas pendant deux ans dans les ex-ASSEDIC (les machines y étaient arrivées dès 2007) », ironise
un syndicaliste du SNU. La direction a refusé hier de s'exprimer.
NICOLAS FAUCON.
commentaire : vous pouvez aussi consulter le site du REFI :
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