Vu dans la presse

Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /Mai /2009 22:47
Les conditions du travail en France
le 26 mai 2009

39 % des ouvriers déclarent subir des nuisances sonores sur leur lieu de travail contre 6,5 % des cadres supérieurs... Trois millions de personnes ont leur rythme de travail dicté par une machine.

Entre les métiers les moins qualifiés et le haut de la hiérarchie, les conditions dans lesquelles s'exercent le travail n'ont souvent pas grand chose à voir, comme le montrent les données de l'enquête sur les conditions de travail réalisée par le ministère de l'emploi tous les sept ans.


Contrairement à une idée reçue, le travail à la chaîne ou sous contrainte du déplacement automatique d'une pièce ne diminue pas. Entre 1984 et 2005, la part de salariés concernés est passée de 9,6 % à 14,0 %. Pour l'essentiel, il s'agit d'ouvriers dont 38,8 % voient leurs gestes au quotidien commandés par une machine. Dans le secteur des services, le travail automatisé est beaucoup moins répandu, mais il concerne tout de même 6 % des employés comme des professions intermédiaires. Au total, pas moins de trois millions de salariés sont concernés.


La pénibilité physique s'accroît essentiellement pour les moins qualifiés. Près de quatre ouvriers sur dix déclarent subir des nuisances sonores et plus de la moitié exercent dans la saleté, contre respectivement 6,5 % et 8,3 % des cadres supérieurs.


A la pénibilité physique, s'ajoutent de plus en plus des contraintes de stress, liées à la rationalisation des tâches au secteur des services. Les cadences ne sont plus l'apanage de la chaîne ouvrière, les caissières ou les télé-opérateurs en savent quelque chose, même si physiquement leur travail est malgré tout moins usant. Les situations de tensions, que ce soit avec le public ou avec les supérieurs hiérarchiques, sont présentes à peu près dans les mêmes proportions pour toutes les catégories sociales, même si les ouvriers sont moins souvent que les autres en relation avec du public.


Depuis le milieu des années 1980, les conditions de travail se sont plutôt dégradées. Ces données sont élaborées à partir de déclarations des salariés : pour partie, elles reflètent une exigence plus grande par rapport aux conditions de travail. Ce phénomène ne peut tout expliquer, notamment l'ampleur de la dégradation des conditions de travail pour les catégories les moins qualifiées. Elle résulte aussi d'une pression accrue sur les salariés dans un contexte de chômage de masse.

 

source : http://www.inegalites.fr/spip.php?article511

Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : Vu dans la presse
Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /Mai /2009 23:06
POUR INFORMATION :  PARIS, 26 mai 2009 (AFP)
Travail pendant la maladie: l'exécutif veut éteindre l'incendie Lefebvre

Le gouvernement a tenté mardi d'éteindre l'incendie provoqué à gauche, chez les syndicats, mais aussi à droite par la proposition du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre de permettre aux salariés en arrêt maladie ou en congé maternité de travailler de chez eux.

La mesure, présentée sous la forme d'un amendement au texte UMP sur le prêt de main d'oeuvre entre entreprises, a suscité un tollé dès son annonce lundi soir, bien qu'elle ait été rejetée à l'unanimité en commission à l'Assemblée nationale. Lors des questions d'actualité, Nathalie Kosciusko-Morizet, au nom du gouvernement, a opposé une fin de non recevoir à M. Lefebvre.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a qualifié l'amendement de "parfaitement immoral et indécent". Le député socialiste Jean-Marie Le Guen, médecin de profession, y voit une façon "de repousser toujours plus loin l'exploitation des gens". "Le dimanche, quand il sont malades et pourquoi pas la nuit ?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le patron des députés Nouveau Centre (NC, alliés de l'UMP), François Sauvadet, a lui aussi critiqué le projet de M. Lefebvre, jugé "pas franchement opportun". François Bayrou (MoDem), en campagne à Toulouse, a dénoncé une "régression" de la protection sociale.

Même désapprobation parfois aussi des rangs du parti majoritaire. Claude Goasguen (UMP) a qualifié l'amendement de "pas du tout cohérent, ni important, ni utile".

L'ancienne porte-parole du parti Chantal Brunel s'est inquiétée des "dérives" et des "fraudes" potentielles d'une mesure qui "donne l'impression de détricoter un acquis social".

"On pourrait même ouvrir des salles de télétravail dans les maternités et les centres anticancéreux", a raillé le villepiniste Jean-Pierre Grand.

Un responsable parlementaire UMP est catégorique: "Franchement, c'est une grosse connerie. Ca va nous faire perdre des milliers de voix" aux élections européennes du 7 juin.

Argument immédiatement mis en avant par Claude Bartolone, secrétaire national du PS, à la sortie de l'hémicycle: "imaginez ce que serait le comportement de la droite sur ces textes sociaux si le gouvernement pouvait se féliciter d'un score honorable au moment des élections européennes".

Dans ce concert de réprobations, le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a souligné qu'il s'agissait "juste d'une faculté, d'une possibilité", tandis que le patron des députés UMP, Jean-François Copé, affirmait ne pas avoir "encore d'opinion".

Les principaux syndicats ont préféré qualifier la proposition de "diversion". Une position similaire à celle du député PCF Roland Muzeau, pour qui "c'est une provocation, mais (M. Lefebvre) est un spécialiste".

Au nom du gouvernement, Nathalie Kosciusko-Morizet a profité des questions d'actualité à l'Assemblée pour opposer une fin de non-recevoir à M. Lefebvre, en souhaitant que l'"on mette fin à cette polémique". "Le gouvernement est défavorable à cet amendement", a lancé à deux reprises la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique... elle-même enceinte.

Pour enrober les choses, Mme Kosciusko-Morizet a suggéré de diligenter une étude permettant d'établir une comparaison européenne sur les conditions du télétravail.

M. Lefebvre a protesté en fin de journée sur le fait qu'il avait été "caricaturé". "J'ai obtenu l'annonce par le gouvernement d'un rapport, je souhaite qu'il soit fait par le Conseil d'analyse stratégique et rendu à l'automne", a-t-il déclaré à l'AFP, laissant ainsi entendre qu'il retirerait son amendement en séance.

Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : Vu dans la presse
Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 23:12
POUR INFO : PARIS, 24 mai 2009 (AFP)
Prêt de main d'oeuvre: les députés envisagent d'assouplir une loi de 1848

Les députés examinent à partir de lundi une proposition de loi UMP, soutenue par le gouvernement, assouplissant les restrictions auquel est soumis depuis 1848 le prêt de main d'oeuvre entre entreprises.

Critiquée par la CGT, ainsi que la CFDT qui y voit une dérive "dangereuse et inacceptable", le texte déposé par Jean-Frédéric Poisson (UMP) inclut d'autres mesures destinées à "faciliter le maintien et la création d'emplois".

Il propose d'encadrer le droit des salariés acceptant le télétravail, prévoit la gratification des stages d'une durée "supérieure à 2 mois consécutifs" et le rétablissement pour 2009 de l'Allocation équivalent retraite.

S'il est voté, il libéralisera le partage de salariés par un groupement d'employeurs, possibilité actuellement limitée aux PME se partageant par exemple un secrétariat ou un comptable.

Mais c'est l'article 6 sur le prêt de main d'oeuvre qui constitue le plus grand changement puisqu'il assouplit la règle interdisant le délit de "marchandage", instituée en 1848 en même temps que l'abolition de l'esclavage.

Le prêt de main d'oeuvre consiste à céder un salarié pendant une durée déterminée à une autre entreprise, sans rupture de contrat de travail, le salarié revenant ensuite chez l'employeur initial.

Actuellement, une entreprise ne peut le faire qu'à prix coûtant, sauf pour l'intérim dont l'activité est strictement encadrée.

Cela signifie que l'entreprise prêteuse doit refacturer à l'euro près salaires et charges.

La loi comme la jurisprudence répriment avec constance le délit de "marchandage", constitué quand le prêt de main d'oeuvre est lucratif pour l'entreprise prêteuse ou emprunteuse.

Le but a toujours été d'éviter que le salarié ne soit exploité par un intermédiaire et qu'une entreprise n'utilise de la main d'oeuvre prêtée pour contourner les garanties dues au reste du personnel.

Avec la proposition de loi, dont le ministère du Travail a indiqué à l'AFP qu'il la soutenait, la réglementation serait assouplie puisqu'elle stipule qu'"il n'y a pas de but lucratif quand l'entreprise prêteuse ne tire pas de bénéfices", une notion floue selon des juristes interrogés.

Présentée comme un "encouragement à la mobilité professionnelle", la proposition permettrait à des entreprises de replier momentanément la voilure et de prêter des salariés pendant la crise sans avoir à se séparer définitivement de leurs compétences, comme l'équipementier Inoplast en Ardèche qui va prêter une centaine de salariés au fabricant de bus Iribus-Iveco.

Mais c'est la porte ouverte à la "fragilisation du salarié" éloigné de ses collègues, de ses délégués syndicaux, pointe Me Emmanuelle Boussard-Verrachia.

Le salarié ne peut pas refuser d'être prêté sauf si cela entraîne "d'importants changements, de région ou de qualification", relève Emmanuel Dockès, professeur à Paris X Nanterre.

La CGT a d'ailleurs pour cette raison refusé de signer un accord du 7 mai dans la métallurgie encourageant le prêt de main d'oeuvre, estimant qu'il y manquait le respect de la volonté du salarié et l'obligation de négocier un accord avec les syndicats.

Une première brèche avait été ouverte fin 2006 en autorisant, à titre expérimental, le prêt de salariés dans les pôles de compétitivité entre organismes de recherche, établissements d'enseignement supérieur et entreprises.

L'esprit du dispositif était de favoriser le partage d'expertise entre des salariés expérimentés et stables, et non l'externalisation de salariés précaires ou en surnombre.

Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : Vu dans la presse
Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 23:00

Alternatives Economiques -  n°280 - Mai 2009

L'emploi dévisse

Les entreprises de l'industrie et des services détruisent un nombre record d'emplois. Le mouvement devrait encore s'accélérer.

Jamais, au cours des quatre dernières décennies, l'économie française n'a détruit aussi rapidement une telle quantité d'emplois que fin 2008: le secteur marchand a perdu 117 000 emplois sur les trois derniers mois de l'année, portant à 141 000 le nombre total d'emplois détruits sur toute l'année. Selon les dernières prévisions de l'Insee, le mouvement accélère début 2009, avec probablement 387 000 emplois détruits au cours du premier semestre.

L'intérim, variable d'ajustement

C'est la chute de l'intérim (- 139 000 au total sur l'année 2008, dont - 85 000 emplois pour le seul quatrième trimestre) qui explique pour l'essentiel la dégradation éclair de l'emploi l'année dernière. Face au retournement brutal de la conjoncture, les entreprises ont en effet utilisé leur volant d'intérimaires comme variable d'ajustement. Si, dans les statistiques, cette dégradation affecte le secteur des services, elle est imputable en réalité pour l'essentiel au marasme de l'industrie: en plus des 74 000 emplois qu'elle a détruit en 2008, elle a en effet massivement réduit son recours à l'intérim, comptabilisé dans les services aux entreprises: - 91 000 emplois sur toute l'année.

 

 


 

Evolution* des effectifs dans l'industrie et le tertiaire, en milliers

 



 

A part les biens d'équipement, qui semblent mieux résister, aucune branche de l'industrie n'est épargnée, ni les biens de consommation, ni les biens intermédiaires (c'est-à-dire les biens utilisés par d'autres industries au cours du processus de production), ni bien sûr l'automobile. La chute de l'emploi industriel, à l'oeuvre depuis le début des années 1970, devrait s'aggraver encore en 2009, avec une prévision de plus de 140 000 postes en moins au premier semestre - sans compter l'intérim! En plein boom depuis le début de la décennie, le secteur de la construction avait quant à lui réussi à préserver ses effectifs en 2008. Mais il a lui aussi fortement freiné son recours à l'intérim (- 8,8%) et il devrait désormais subir une réduction sensible de ses effectifs permanents (- 38 000 au premier semestre 2009).

Le commerce aussi

Outre l'intérim, le reste des services donne aussi des signes d'essoufflement. Pour la première fois depuis 1993, le commerce perd des emplois (- 13 000 en 2008). Les services aux particuliers, sur lesquels le gouvernement compte beaucoup pour limiter le chômage, sont certes restés créateurs d'emplois (+ 45 000) en 2008, mais cette hausse est loin d'être suffisante pour compenser la dynamique négative à l'oeuvre dans le reste de l'économie. Selon l'Insee, les services devraient encore plus plonger dans le rouge au premier semestre 2009, avec une perte prévue de 205 000 emplois, presque le double de la baisse (- 110 000) observée au second semestre 2008.


Marc Chevallier
dans
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