- Jean-Baptiste de Foucauld. Président Fondateur de l'association Solidarités nouvelles face au chômage
- Noël Daucé. Secrétaire général du SNU - Pôle Emploi - FSU
- Stéphane Béchaux. Chef d'enquête à « Liaisons sociales magazine »
Laurent Wauquiez remonte au créneau. Vendredi, le secrétaire d'Etat à l'Emploi est intervenu devant le conseil d'administration de Pôle emploi pour l'appeler, en prévision d'une rentrée attendue très difficile, à passer la vitesse supérieure dans deux domaines clefs mais pour lesquels les budgets prévisionnels demeurent sous-exécutés : les prescriptions de formation aux chômeurs, « principal levier pour préparer l'avenir et la reprise », etla prospection des entreprises, en développant « des liens plus forts et constants ». La consigne a aussi été transmise aux directeurs régionaux, que Laurent Wauquiez avait convoqués la veille. « Il faut aller chercher tous les gains d'amélioration possible », a-t-il insisté.
En écho, Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi, a rappelé son plan de bataille, acté vendredi par le conseil d'administration : finaliser avant fin août les 2.340 recrutements en cours, créer de nouvelles plates-formes téléphoniques d'accueil, se concentrer sur les métiers en tension et sur les jeunes (contrats aidés et alternance), poursuivre la mise en place des sites mixtes et développer le recours aux opérateurs privés de placement.
Pôle emploi envisage aussi de recourir au prêt de main-d'oeuvre pour s'adjoindre l'aide des salariés des entreprises d'intérim en panne d'activité, une piste proposée par la CFDT et soutenue par Nicolas Sarkozy dans un courrier adressé la semaine dernière aux partenaires sociaux.
Le service public de l'emploi entend aussi mettre l'accent sur les aides à la mobilité. Reprenant une proposition de Laurent Wauquiez, il a décidé de financer, à
hauteur de 1.000 euros, le permis de conduire de 20.000 chômeurs, et d'instaurer des aides à la location temporaire de voiture ou de deux-roues (185 euros par mois). Le dispositif
s'adressera notamment aux jeunes en alternance. Enfin, les partenaires sociaux ont révisé « au réel » le budget prévisionnel 2009 de Pôle emploi, ce qui a débouché sur une
baisse de 70 millions des frais de fonctionnement attendus pour l'année. Surtout, il a été décidé que le rythme de versement des contributions de l'Unedic (10 % des cotisations chômage,
soit 3 milliards d'euros par an) à ce budget serait désormais fonction des besoins réels de trésorerie de Pôle emploi. Cette nouvelle règle doit rendre un peu d'air à l'Unedic, en mal de
trésorerie face à l'explosion des chômeurs à indemniser. « Une sage décision », commente Annie Thomas (CFDT), vice-présidente de l'Unedic. Dès jeudi, Laurent Wauquiez s'était
par ailleurs réaffirmé « favorable » au relèvement, pour tous les secteurs, du contingent d'heures de chômage partiel de 800 à 1.000 heures, comme l'ont demandé les
partenaires sociaux mercredi (« Les Echos » du 9 juillet).
par EREK PERROTTE, Les
Echos
10.07.09 | 17h12"On aura plus d'inscriptions et de dossiers d'indemnisation à traiter, plus de visites dans les agences. On s'est fixé comme priorités de sécuriser l'accueil téléphonique et de garantir au maximum que les nouveaux conseillers recrutés soient en place le 1er septembre, formés et prêt à travailler", a exposé à l'AFP Christian Charpy, le directeur général.
"Tout ce qu'on peut sous-traiter, on va le faire, afin de garder le maximum de conseillers disponibles pour inscrire, indemniser et démarrer l'accompagnement. Par exemple, 100% des accompagnements de demandeurs d'emploi en difficulté se feront à l'extérieur (sauf pour le dispositif "Cap vers l'entreprise") et on accélèrera l'entrée en formation des chômeurs, avec un objectif de 10.000 en septembre", a-t-il ajouté.
Fin octobre, un nouveau numéro, le 3995 sera à disposition des entreprises pour déposer leurs offres d'emploi.
A la rentrée, M. Charpy s'attend à "20 ou 25% d'inscriptions de plus qu'en septembre 2008, à 380.000 appels chaque jour et 2,4 millions de visites physiques dans les agences".
Selon la CGT, "M. Wauquiez a fait part de ses inquiétudes sur l'image de Pôle emploi (...) une manière de dire que cela ne suffit pas pour le 3949, pour les sites mixtes, les prescriptions d'aide et les relations avec les employeurs".
Selon la CFTC, il "a joué un rôle apaisant et dynamisant" et constaté que Pôle emploi, présentée comme la plus grosse opération de réforme d'un service public depuis 30 ans, "subissait de nombreuses attaques, connaissait des difficultés compte tenu de la crise et que les agents le vivaient assez mal".
La CGT, FO et la CFTC veulent davantage de moyens humains, et certains une pause dans la fusion ANPE/Assedic.
Pôle emploi est en contact avec la fédération patronale de l'intérim pour trouver "un cadre de coopération d'une durée limitée" qui offrirait un débouché au personnel expérimenté des agences d'intérim fermées par la crise, "soit en embauchant directement ces salariés licenciés, soit via du détachement ou du prêt de main d'oeuvre, mais rien n'est encore décidé", selon M. Charpy.
Un appel d'offre lancé au privé sera notifié entre le 31 juillet et le 3 août, équivalent pour 2009 à un marché de 100 millions d'euros.
Une évaluation de la qualité de ces opérateurs a été réclamée par plusieurs administrateurs syndicaux.
"Pôle emploi ne pourra pas tout traiter", a souligné le président de Pôle emploi, Dominique-Jean Chertier (Medef), qui a qualifié le CA de "très long".
Le deuxième grand sujet a été le budget. "Il y a eu du retard à l'allumage" sur l'utilisation des aides aux demandeurs d'emploi lié au fait qu'en début d'année, l'urgence était surtout d'inscrire et d'indemniser, selon M. Chertier.
Des frais de fonctionnement seront réaffectés aux frais d'intervention.
Un point est prévu en septembre-octobre, selon la CFE-CGC.
POUR INFO
: Enquête Obea/Infraforces pour France Info et 20 Minutes, réalisée par téléphone du 18 au 26 juin auprès d’un échantillon de 1.007 personnes, représentatif de
la population française âgée de 18 ans et plus.................Si le montant des indemnités de chômage est correct, l’aide apportée pour le retour à l’emploi est jugée majoritairement insuffisante, surtout par les demandeurs d’emploi. Résultat de notre baromètre mensuel Obea/Infraforces pour France Info et le quotidien 20 minutes…
Vu de l’extérieur, les chômeurs semblent bien pris en charge. C’est en tout cas l’avis de ceux qui ont du travail. Pour 47% des Français, tous âges confondus, le montant des
indemnités versées est satisfaisant, leur durée aussi (50%).
Un bémol toutefois, l’indemnisation des chômeurs doit encore gagner en rapidité et en simplicité, pour 40% des personnes interrogés. Les 18-24 ans sont encore plus
sévères sur ce point (53% d’insatisfaits).
En revanche, les Français sont sceptiques quant à l’efficacité de l’aide apportée aux chômeurs. Près de la moitié estiment qu’elle doit encore gagner en efficacité. Les chômeurs (63%) et les cadres (64%) sont près de deux sur trois (63%) à juger ne pas être aidés de manière efficace.
Quelques mois après la naissance de Pôle Emploi, produit de la fusion ANPE/Assedic, l’image de ce guichet unique reste mitigée. Pour 47% des Français, Pôle Emploi n’aide pas efficacement les chômeurs à retrouver du travail. Et les personnes sans emploi enfoncent le clou : elles sont 60% à juger négativement Pôle Emploi sur ce point.
L’on reproche majoritairement à Pôle Emploi de ne pas être suffisamment en relation avec les entreprises, pour proposer des offres d’emploi valables. Malgré cela, la compétence des conseillers de Pôle Emploi n’est pas remise en cause : près de la moitié des Français les estiment compétents dans leur métier. Pour preuve, 63% des chômeurs s’estiment correctement accueillis au guichet.
Enfin, Obea/Infraforces a interrogé les Français sur leur vision de "l’offre raisonnable d’emploi" (lire nos articles) : 31% trouvent qu’il s’agit d’une mesure juste. Et près d’un quart des personnes interrogées estiment qu’elle découragera les gens à profiter trop longtemps des indemnités de chômage. En revanche, les personnes à la recherche d’un emploi y voient surtout une mesure qui va aggraver la précarité (28%).................
L'enquête complete (à manier avec précaution....)
Rapport_Sondage_juillet09_-_France_Info_20mn_V2.pdf
vendredi 03.07.2009 - La Voix du Nord
PHOTO MAX ROSEREAU
Le MRAP et la Ligue des droits de l'homme
s'associent aux agents pour refuser la machine à UV.
Depuis un mois, des lampes à UV censées permettre de vérifier l'authenticité des papiers des chômeurs équipent les agences Pôle emploi. En cas de doute sur la validité, la préfecture est contactée. Le SNU, principal syndicat, dit « refuser de pratiquer la délation ».
Mai 2009 : les agents Pôle emploi de la région voient arriver une note interne. Une machine à lecteur optique sera installée en juin dans les arrière-salles des sites. Le but ? Lutter contre l'usage de faux papiers par des chômeurs peu scrupuleux. Aux agents de vérifier discrètement en les passant à la machine l'authenticité des papiers présentés au moment de l'inscription. Et, en cas de doute, la préfecture est alertée par le service prévention des fraudes du Pôle. Sans que le chômeur soit prévenu. Ensuite ? Une chasse policière aux sans-papiers, craint le SNU Pôle emploi, qui dénonce cette situation et demande le retrait des machines.
« Il est normal que les agents demandent une pièce d'identité mais on n'est pas des auxiliaires de police », s'insurge Sabine Landrevie, responsable du SNU Pôle emploi-FSU, qui dit que la lutte contre les fraudes relève du parquet et non de la préfecture.
Me Emmanuelle Lequien, du syndicat des avocats de France, appuie. « Sous couvert de lutte contre la fraude aux ASSEDIC, on augmente les contrôles dont la
destination est le ministère de l'Immigration. Et on demande aux agents de mentir en racontant aux demandeurs d'emploi que, sous prétexte d'affluence, leurs demandes d'allocations seront
différées. Mais pendant ce temps-là, on s'adresse à la préfecture ! » Le 25 juin, le directeur régional a annoncé qu'il recevrait en entretien les agents qui refuseraient d'appliquer cette
procédure. « Je suis persuadé que la grande majorité oubliera de le faire comme ce fut le cas pendant deux ans dans les ex-ASSEDIC (les machines y étaient arrivées dès 2007) », ironise
un syndicaliste du SNU. La direction a refusé hier de s'exprimer.
NICOLAS FAUCON.
SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE
8, rue du 7ème Régiment d'artillerie
35000 - RENNES
tél. : 02 99 30 39 15
fax. : 02 99 30 42 71
contacts : Yannick JEUSSET, Secrétaire Régional - Claudine
LEMASSON,Secrétaire Régionale adjointe.
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