Lundi 31 janvier 2011
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Un début d’année est souvent l’occasion de faire un bilan de celle qui vient de s’écouler.
Notre Etablissement et surtout son personnel ont dû subir de nombreux changements qui les déstabilisent et génèrent de
nombreuses souffrances.
Plutôt qu’un bilan, nous ferons ici plus qu’une déclaration d’intentions, nous ferons une déclaration de politique générale.
Pôle emploi a son projet d’entreprise, les élus du SNU ont aussi leurs missions, leurs valeurs, leurs actions syndicales.
L’objet de cette déclaration est d’en faire partager l’analyse pour bien évidemment qu’elle puisse trouver échos auprès des
décideurs.
L’analyse que nous faisons aujourd’hui de notre Etablissement rejoint sur de nombreux points le bilan qui a été fait de la
refonte du service public de l’emploi en Angleterre.
Passer par la Grande Bretagne aide à comprendre les réorganisations du service public en France et leurs probables
conséquences. En connaitre les conséquences permettra d’en modifier les organisations….En tous les cas, les élus du Snu l’espèrent…
L’adoption du guichet unique a eu différentes conséquences :
Les fonctions placement ont pris le pas sur l’indemnisation. La palette des compétences requise est vaste et difficile à
maitriser pour un seul agent. D’autre part comme les mesures de placement sont traitées de manière prioritaire, mille signaux sont envoyés aux chômeurs pour qu’ils saisissent clairement que
l’indemnisation n’est pas un droit acquis.
La « modernisation » du service public de l’emploi n’a pas mieux disposé les entreprises à son endroit. Les
grandes entreprises qui doivent elles aussi soigner leur image ont été sensibles à la politique de communication de Jobcenter. Mais en 2009, une enquête de la Fédération des petites entreprises
montre que un employeur sur trois juge Jobcenter inefficace et la moitié est dans l’incapacité de dire si le réseau fonctionne correctement.
Enfin la nouvelle gestion du service public de l’emploi aboutit à un paradoxe. En démultipliant les exercices d’évaluation,
d’audit et de contrôle à toutes les échelles de l’administration, afin d’ajuster en permanence les objectifs et les critères de performance, cette mécanique devient une fin plutôt qu’un moyen et
contribue à l’extension d’un système bureaucratique complexe, alors que son existence se fonde sur une critique acerbe de la bureaucratie censée paralyser le service public.
« la culture du résultat, présentée comme une nécessité pour recrédibiliser l’action publique, risque d’entrainer
l’effet inverse. Loin de produire un meilleur service public, elle transforme les usagers en clients, les agents en représentants de commerce et les institutions en entreprises ».
Et dans ce contexte, qu’advient-il de la composante même de Pôle Emploi : ses agents ?
Les agents, quelque que soit leur statut, leur cadre d’emploi, leur métier sont perdus, démotivés, fatigués, inquiets, voire
désespérés et…précarisés.
Ces notions qui peuvent effectivement relever du subjectif se retrouvent sous un intitulé – dont l’Etablissement s’est
emparé pour le traduire par un traitement procédural – les risques psycho-sociaux générateurs de souffrance au travail. L’entreprise, en général, a recyclé cette thématique et la traite désormais
comme n’importe quel objet de gestion.
Notre intervention n’a pas pour vocation d’aller sur le terrain du CHSCT mais bien de rester sur celui du CE, en parlant de
l’organisation du travail.
Le travail n’est pas un produit toxique, c’est ne pas pouvoir le faire correctement qui l’est, c’est lui qu’il faut
soigner.
Sur les sujets qui seront vus dans cette instance (par exemple l’EID) le SNU orientera son analyse et ses interventions sur
le devenir du travail des agents et sa qualité (leur métier en somme). L’action syndicale du SNU sera, au sein des instances, de réaffirmer la place centrale des agents dans la réflexion sur
l’organisation de leur travail. L’opérateur de transformation, c’est l’initiative des agents sur leur manière de faire leur travail. Sans cela les agents deviennent objet de gestion et non pas
sujet de l’action. Nous pensons que l’organisation du travail ne peut pas être transformée que par des Directions.
La Direction de Pôle Emploi s’emploie à institutionnaliser les instances, le SNU s’emploiera à y mettre du politique. Car la
question du travail est la question politique principale d’aujourd’hui. La question du travail à Pôle Emploi ne pourra pas être résolue que par des solutions techniques. L’importance du mouvement
social du 09 Novembre 2010 le montre et la question qui est posée à la Direction est : nier vous les conflits ou les enrichissez vous ? or la politique est bien l’endroit où on
développe – au bon sens du terme – les conflits.
Notre syndicalisme orientera ses interventions sur le devenir du travail et sa qualité. Nous pensons que la dénonciation
seule sans l’action concrète rend impuissant et que les élus n’ont pas à se substituer aux agents en se réservant une place de « porte-paroles » car ce positionnement rend muet ceux qui
sont directement concernés.
Les élus SNU au CE :
Laurence Billard - Claudine Lemasson - Monique Madec
Marie Christine Capron- Yannick Jeusset - David Granal
LE TRACT :
Déclaration de politique générale élus SNU CE 27012011