Le SNU
Pole-emploi FSU Bretagne à pris l’initiative de rencontrer le Préfet de Région le 8 avril dernier, afin de l’alerter sur les conditions de travail dégradées, le service rendu tout aussi dégradé,
ainsi que le dialogue social extrêmement difficile voire inexistant dans notre région à Pôle emploi.
Nous vous résumons ci-dessous les différents points sur lesquels nous sommes intervenus.
SERVICE AUPRES DES DEMANDEURS D’EMPLOI ET DES ENTREPRISES :
Nous lui avons fait part des conditions difficiles dans lesquelles nous travaillons dues en partie de la précipitation dans laquelle s’est mise la fusion sans tenir compte de la crise et, de
fait, de l’accroissement important du nombre des chômeurs. L’organisation qui en découle (mixité des équipes, PST entreprises et DE,…) s’est concrétisée sans moyens (formation adaptée, complète,
outils,…), sans réelle concertation avec le personnel ni d’ailleurs adhésion. Le déploiement s’est mis en marche sans pour autant avoir pris le temps de préparer le personnel, ni de le former.
L’Etablissement a pris le parti donc de fournir un service forcément dégradé et de plus a pris le parti de mettre son personnel en situation de détresse et en situation de danger.
A cela, s’ajoute, un taux élevé de CDD.
Nous avons alerté Le Préfet de région de la continuité du programme de la fusion alors que la crise a augmenté de façon colossale la surcharge de travail. De plus, on a complexifié la
communication entre Pôle emploi et les usagers (entreprises et demandeurs d’emploi) avec l’installation des plateformes téléphoniques qui éloignent les usagers, sans pour autant simplifier bien
au contraire les traitements des dossiers.
Nous l’avons également informé que contrairement à ce qui Mme Lagarde avait annoncé, la taille des portefeuilles des conseillers n’est pas de 60 mais plutôt d’une moyenne de 150 à 200 par
conseiller.
Officiellement, notre Direction annonce que le SMP est maintenu dans les conditions de départ, hors dans les agences, officieusement, la priorité c’est uniquement le 1er entretien et après on
fait ce que peut.
CONDITIONS DE TRAVAIL :
Nous lui avons fait part de notre inquiétude quant aux conditions très dégradées dans lesquelles les agents travaillent, facteur de risques psychosociaux, du type dérive France TELECOM.
Nous avons interpellé le Préfet de la mise en danger programmée quant à la sécurité et la santé physique et psychologique des agents.
Les postes d’accueil très difficiles, qui, de plus, sont occupés en partie par nos collègues en CDD. L’organisation déclenche des files d’attente où les collègues en accueil ne peuvent pas
répondre à l’ensemble des questions et traiter les dossiers. Et doit faire à un flux important.
Nos collègues en situation précaire ont dû très rapidement et avec une formation très courte s’adapter et assurer des postes lourds comme l’accueil, le travail en plateforme. Nous avons également
pointé cette double difficulté d’être précaire et travailler auprès des chômeurs et précaires tout en fournissant d’énormes efforts alors qu’ils ne savent pas si leur contrat sera renouvelé, si
leur contrat sera, un jour, transformé en CDI. Alors que nous avons d’énormes besoins en effectifs, Pôle emploi ne donne aucun signe à ces collègues leur permettant d’espérer une évolution de
leur statut.
A tous les postes de travail, les agents sont sous pression.
Nous avons beaucoup insisté sur le fait que les agents sont très démotivés, démotivation liée à l’organisation mais également à la perte de sens de leur métier, une remise en cause de leurs
compétences, à la dévalorisation de leur mission de service public à laquelle ils sont très attachés.
DIALOGUE SOCIAL :
Nous avons tenu à informer également le préfet de l’attitude de notre Direction en Bretagne qui fait l’impasse de façon systématique sur les instances représentatives du personnel : impasse sur
les recueils d’avis, sur les expertises en cours, impasse sur le droit élémentaire du code du travail…
Le préfet a bien pris le temps de nous écouter, poser des questions et a pris note nous a-t-il dit. A suivre, donc…
Version téléchargeable :
RENCONTRE PREFET REGION 8 04 2010

Hier, mardi, les
salariés de Pôle emploi Bretagne ont reçu un courriel les informant que Thierry Dorance-Houssay n’était plus leur directeur. Les raisons exactes ne sont pas encore connues. La nouvelle a été
brutale. Hier, mardi, un courriel a été envoyé à tous les salariés de Pôle emploi Bretagne. Nadine Crinier, ex-directrice adjointe, y annonçait qu’elle assurait désormais l’intérim à la direction
régionale, sans préciser pour combien de temps. Elle prend du jour au lendemain la suite de Thierry Dorance-Houssay, licencié. Son remplacement n’avait pas été notifié au préalable. Dans les
agences, l’ambiance est tendue. « Des bruits de couloirs circulaient, confirment nos sources syndicales. Ils disaient simplement que Thierry Dorance-Houssay allait partir. Mais chez nous, les
directeurs changent souvent, donc on pensait à une mutation. » Une partie des salariés a appris la nouvelle dans la presse ce matin. De fortes tensions existaient entre le directeur régional et
les syndicats. Thierry Dorance-Houssay a confirmé l’existence d’un audit sur les dépenses réalisées au sein de Pôle emploi Bretagne qui justifierait son éviction. L’ancien directeur se dit «
surpris » par la nouvelle de son licenciement. Aucune alerte ne lui aurait été envoyée avant l’annonce de son départ. En « conflit » avec la direction générale, il n'a pu nous en dire davantage.
A l'heure où nous écrivons ces lignes, nous ne sommes pas parvenus à joindre la « nouvelle » direction de Pôle emploi Bretagne. M.F.
l'intérim en attendant la nomination
d'un nouveau patron. Nommé à Rennes en 2005, Thierry Dorance-Houssay fut d'abord directeur régional de l'Assedic. Il a été chargé, en 2007, de préparer la fusion Assedic-ANPE dans la région. À la
naissance de Pôle Emploi, il en est logiquement devenu le directeur. À 56 ans, le voilà subitement débarqué. L'information a été diffusée, mardi, au personnel, sous la forme d'un mail de la
nouvelle directrice par intérim, adressé aux 1.760agents. Pourquoi cette disgrâce? L'agitation sociale à laquelle a donné lieu la fusion Assedic-ANPE n'y est peut-être pas étrangère. Changement
de missions, nouveau style de management, tout cela avait créé un malaise au sein du personnel, surtout chez les 1.222fonctionnaires venus de l'ANPE. On entend aussi parler d'un audit qui aurait
mis le doigt sur une hausse des dépenses plus forte en Bretagne qu'ailleurs. Enfin, on peut penser que Thierry Dorance-Houssay lui-même a été victime du «choc des cultures» lors de la fusion
entre l'association de droit privé qu'il dirigeait précédemment, et une agence d'État où les règles du jeu ne sont pas les mêmes. Sans doute n'est-ce pas un hasard si l'intérim est assuré par un
pur produit du service public d'État. Nadine Crinier est, en effet, issue de l'ANPE.
