H.S.C.T.

Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 07:00
Une interview de Christophe Dejours, psychiatre et écrivain, dans l'humanité du 21/9/2009 link

Christophe Dejours « Il n’y a pas de fatalité dans le suicide au travail ! »

Entretien . Alors que les directions d’entreprise persistent à ne voir que des drames individuels, le psychiatre Christophe Dejours souligne le rôle délétère des organisations du travail qui ont déstructuré le « vivre ensemble ».


Comment en vient-on à tolérer l’intolérable, le sort des chômeurs, des nouveaux pauvres, mais aussi des conditions de travail qui mettent en danger notre santé mentale ? s’interrogeait déjà il y a dix ans Christophe Dejours dans un livre, Souffrance en France, qui fit événement. Aujourd’hui, le psychiatre, spécialiste du travail, creuse le sillon en publiant, avec Florence Bègue, un ouvrage consacré à la question du suicide et du travail (1). Analyse des causes, qui nous mène au coeur des transformations du travail, mises en oeuvre au nom d’une « doctrine de gestion » conçue pour accroître les profits, et qui ont « déstructuré le vivre ensemble ». Mais aussi, et surtout, proposition d’une approche, de principes d’action pour enrayer le fléau. Tant il est vrai, comme le clame Christophe Dejours dans l’entretien qu’il nous a accordé, qu’ « il n’y a pas de fatalité dans le suicide au travail ».


Les suicides au travail défrayent la chronique depuis quelques années. S’agit-il vraiment d’un phénomène nouveau ?

Christophe Dejours. C’est un phénomène qui n’existait pas, à ma connaissance, sauf dans un milieu particulier, l’agriculture, qui est à la fois lieu de travail et lieu de vie. Les salariés agricoles étaient la catégorie socioprofessionnelle la plus touchée par le suicide. C’est d’ailleurs intéressant parce que l’une des raisons pour lesquelles les salariés agricoles se suicidaient, c’était l’isolement. Or, c’est le même problème qu’on retrouve aujourd’hui dans les autres sphères de l’activité productive : la solitude.

Ces suicides au travail sont apparus à la fin des années 1990, et depuis ils sont en augmentation, semble-t-il, assez continue. Certes, le travail pouvait être en cause par le passé dans l’apparition d’un certain nombre de suicides. Mais ils ne se passaient jamais sur le lieu de travail. Quand quelqu’un va se pendre dans la forêt, commence une argumentation compliquée sur les raisons qui l’ont conduit au suicide. En revanche, quand quelqu’un va se suicider sur son lieu de travail, il n’y a plus de discussion possible : c’est évident que le travail est en cause. D’autre part, il y a des gens qui, comme le salarié de France Télécom qui s’est donné la mort à Marseille, laissent des lettres, disant clairement que ce n’est pas la peine d’aller chercher la moindre cause de leur geste ailleurs que dans le travail.

C’est d’autant plus véridique que c’est quelqu’un qui vient de bénéficier d’une augmentation. On voit bien qu’on n’est pas dans une configuration psychologique attendue quand on est psychiatre : quelqu’un qui présente depuis longtemps des symptômes annonçant une personnalité fragile, une vulnérabilité, une prédisposition à la dépression, qui serait déjà un bras cassé, qui ne marcherait pas bien dans son travail. On a des suicides chez des gens qui ne correspondent pas du tout à ce profil, sont très appréciés dans leur travail, et qui, par ailleurs, n’ont pas particulièrement de problèmes dans leur espace privé, des gens plutôt bien entourés socialement, avec une famille qui fonctionne bien. Mais si on analyse les choses plus en détail, on se rend compte qu’à chaque fois que ces choses arrivent, la personne qui se suicide est dans une relation de fondamentale solitude sur le lieu de travail.


On est frappé aujourd’hui par la vague de suicides chez France Télécom. Toutefois, pour vous, ce n’est pas le nombre qui compte, un seul suicide dans une entreprise révèle une situation alarmante
.

Christophe Dejours. Une seule mort, c’est déjà une tragédie du point de vue du fonctionnement de l’entreprise. Les suicides ne survenaient pas autrefois sur le lieu de travail. Quand un suicide de ce type se produit, c’est que quelque chose a changé. Ce que cela révèle, cune déstructuration en profondeur de tout le tissu social du travail, tout le vivre ensemble dans le travail, sous la forme de l’attention à l’autre, le respect de l’autre, la camaraderie. Les gens sont très nombreux quelquefois, y compris sur un plateau clientèle, dans des open spaces, et en même temps, chacun est seul. Quand quelqu’un commence à présenter des signes de souffrance, de dépression, de tristesse, d’irritabilité, personne ne bouge. Autrefois, vous ne laissiez pas, dans un collectif de travail, un collègue s’enfoncer sans intervenir au bout de deux ou trois jours : « Qu’est-ce qui se passe ? » Il y avait des solidarités très fortes. Les gens se regardaient, se parlaient. La prévention du suicide était faite par tout le monde, les copains, les collègues. Le vivre ensemble, c’est une prévention du suicide. La solitude est un élément déterminant du suicide sur le lieu de travail.

Quand quelqu’un est pris tout à coup sous le feu d’un harcèlement, de quelqu’un qui commet contre lui des actes manifestement injustes, des discriminations, qui le place dans les postes les plus difficiles, cela n’a rien de nouveau dans le monde du travail. En revanche, ce qui est neuf, c’est que, lorsque vous êtes pris comme cible d’un tel comportement, personne ne bouge. À ce moment-là, vous faites l’expérience de la trahison du collectif. Ce n’est pas une simple solitude, c’est une trahison.


Vous insistez sur l’importance de ne pas laisser classer sans suite un suicide au travail
.

Christophe Dejours. Si on ne fait rien à la suite d’un suicide, qu’on se contente de faire faire les constats nécessaires par la police, et qu’on reprend le travail sans pouvoir en faire quelque chose, on entérine le suicide comme un événement banal. Le message que laisse le mort, c’est que la mort fait maintenant partie des risques normaux du travail. Du coup, ça dégrade l’état psychique des gens, ils ont peur, ça aggrave le repli sur soi, la solitude, et donc le risque de suicide.


Le geste suicidaire est souvent perçu comme résultant d’un ensemble de facteurs mêlant vie privée, vie professionnelle. Les directions d’entreprise appuient en ce sens, en qualifiant les suicides de drames individuels. Pour vous, cependant, on peut affirmer que ce qui se passe dans la sphère du travail peut être déterminant ?

Christophe Dejours. Il y a une véritable difficulté, en général, à dire de façon pertinente, après investigation : il y a une cause unique au suicide. Mais dire que c’est plurifactoriel, c’est une manière de botter en touche. En fait, il y a un chemin causal. Une conjugaison d’éléments qui s’alignent les uns avec les autres selon une logique qui, finalement, conduit au suicide. C’est important de comprendre cette logique car c’est ce qui va nous permettre d’agir rationnellement. Il y a des cas où, indiscutablement, le rapport au travail est en cause. Mais il est vrai qu’en regardant ce qui se passe dans la vie privée, on va parfois voir que la situation familiale est en crise depuis un certain temps. Je peux alors vous montrer, pièces à l’appui, que c’est à cause du travail, des difficultés qu’a un agent à tenir les contraintes de travail, qui intoxiquent la sphère domestique, contaminent les relations avec le conjoint, les enfants.

Un rapport au travail détestable finit par dégrader la vie familiale. Votre fonctionnement psychique au travail, vous l’emportez chez vous. Il y a une colonisation de la vie privée, jusque dans l’intimité, par le travail. L’inverse est vrai : si, pour une raison ou une autre, vous avez de gros soucis familiaux, ça a souvent des retentissements sur le travail. Il n’y a pas d’indépendance psychologique entre travail et hors travail. C’est pourquoi l’idée de la multifactorialité, si elle est pratique, est fausse. Il s’agit donc de reconstituer le chemin causal. Et on peut alors dire qu’en modifiant le rapport au travail, on désamorce le risque de suicide. C’est ce que nous montrons dans le livre que nous publions avec Florence Bègue, à partir d’une intervention dans une entreprise après suicides : lorsqu’on modifie l’organisation du travail selon un certain nombre de principes, curieusement, les gens vont beaucoup mieux.


Les organisations du travail jouent, selon vous, un rôle essentiel dans la dégradation de la santé mentale. Vous mettez en cause tout particulièrement l’évaluation individuelle des salariés. En quoi est-ce dangereux ?

Christophe Dejours. L’élément principal dans les transformations de l’organisation, c’est l’introduction des méthodes d’évaluation individualisée, fondées prétendument sur des bases scientifiques, qui passeraient par une mesure quantitative et objective des performances. Ces méthodes mettent en concurrence les individus entre eux. Si, à l’évaluation, vous ajoutez des sanctions, ne serait-ce qu’une prime, en quelque temps, les gens commencent à avoir des conduites qui cassent le vivre ensemble : concurrence déloyale, coups bas, tuyaux pourris, dénonciation du voisin. Si, en plus, vous faites peser la menace sur l’emploi, en disant qu’en fonction de l’évaluation, à la prochaine charrette de licenciements, les moins bien notés partiront, là, c’est sans pitié. L’évaluation individualisée monte les gens les uns contre les autres, elle ne fait pas l’émulation. C’est en réalité un management par la menace. Du coup, les gens ont peur, la méfiance fait son entrée, la déloyauté remplace la loyauté… Le monde du travail est déstructuré en profondeur. En plus, cette méthode est fausse : on ne peut pas évaluer objectivement, quantitativement, le travail.

Une deuxième cause joue un rôle : la qualité totale. C’est aussi un concept faux. Les sciences du travail montrent que le travail ne se présente jamais comme prévu, il y a toujours des imprévus, des incidents, des anomalies, des pannes. La qualité totale, c’est un idéal, ça n’existe pas. Donc si vous décrétez la qualité totale, c’est un déni de la réalité. Le résultat : les gens sont obligés de mentir, de ne pas expliquer ce qui ne marche pas. Ils sont amenés à participer à des conduites que, moralement, ils réprouvent. Du coup, ils portent atteinte à l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. C’est ce que j’appelle la souffrance éthique. Cette souffrance éthique dans le travail est massive. Dans plein d’endroits, les gens font des choses qu’ils désapprouvent.


Comment jugez-vous les réactions des entreprises qui, face aux suicides, mettent en place des cellules d’écoute, des moyens de « gérer son stress », de relaxation ?

Christophe Dejours. C’est un traitement symptomatique. Elles essaient d’abraser ce qui est le plus visible, le moins décoratif pour l’entreprise. Alors qu’il s’agit d’aller au traitement étiologique : l’analyse du chemin causal, pour avoir une action rationnelle sur l’enchaînement conduisant les gens à se suicider.


Il est essentiel, après un suicide au travail, que les salariés prennent la parole, dites-vous. Pourquoi ?

Christophe Dejours. C’est à partir de l’expérience que les uns et les autres ont du travail qu’on va pouvoir comprendre quelque chose sur ce qui a conduit au geste suicidaire d’un collègue. Pour avoir accès à cette expérience, on ne peut faire autrement que passer par la parole. Mais il ne s’agit pas d’une espèce de catharsis, où les gens parlent, et voilà, ça va mieux. Il s’agit de mettre en place un espace de délibération sur la question du travail qui permet de comprendre ce qui ne va pas dans le travail et débouche sur la possibilité de le transformer. Le simple fait de s’engager dans ce processus modifie le rapport : on reprend la main sur les événements. C’est pour cela que c’est, de fait, non seulement efficace, mais thérapeutique. Il n’y a pas de fatalité dans le suicide au travail. Nous pouvons transformer le travail, ça dépend de nous, et aussi, évidemment, de la façon dont la direction de l’entreprise est partie prenante. Ça dépend également des politiques publiques. Or, aujourd’hui, elles ne soutiennent pas cette démarche-là, alors même qu’elle a été proposée, il y a plusieurs années, dans le rapport dont j’étais responsable, au chapitre « violences et santé ».


Précisément, que devraient apporter ces politiques publiques selon vous ?

Christophe Dejours. Il y a déjà un dispositif législatif non négligeable, en particulier sur les CHSCT, l’inspection du travail. Il est souvent violé. On pourrait redonner à l’inspecteur du travail l’autorité qui lui revient, et surtout, aider par des mesures incitatives la formation des délégués des CHSCT pour développer les compétences dans le domaine de la santé mentale. On n’était pas tellement porté, dans l’activité syndicale, à s’occuper de la santé mentale. La tradition, c’était la santé du corps.

Le droit du travail a été conçu essentiellement pour protéger la santé physique des salariés, contre les accidents, les maladies professionnelles. Il est clair qu’aujourd’hui, avec l’apparition massive des problèmes de psychopathologie, le droit doit évoluer. Il n’y a qu’une loi sur le harcèlement moral au travail, c’est très insuffisant.


Au-delà de l’action dans l’entreprise, du droit à faire évoluer, vous estimez que nous sommes devant un défi intellectuel : repenser le travail
.

Christophe Dejours. On a bradé la question du travail, avec un volontarisme extrêmement puissant, depuis quinze-vingt ans, en disant que les sciences du travail, c’était fini ; le travail, une valeur en voie de disparition ;que ce qui compte, c’est la gestion. Ce tournant gestionnaire, qui a des effets sociaux, politiques, majeurs, a été porté par les politiques, mais pas seulement. Les penseurs, les chercheurs ont basculé en faveur de la thèse de la fin du travail. Le travail, en général, c’est le bas de gamme. Si vous faites de la médecine, alors la médecine cardiaque, la chirurgie, la génétique, c’est chic ; si vous faites de la médecine du travail, vous êtes en rez-de-chaussée. Si vous faites de la psychologie, ah ! psychologue de la sexualité, de l’enfance, c’est très bien ; mais le psychologue du travail est au rez-de-chaussée… Tout est comme ça. Il y a vraiment un mouvement social massif, ancien, de disqualification du travail. Le problème, c’est de le réhabiliter. Il y a eu une période après-guerre où le travail était vraiment en discussion, c’est le moment où on a introduit les CHSCT, la Sécurité sociale, la médecine du travail. Il faut rendre justice à cette époque-là. Aujourd’hui, il faut reprendre cette question-là.

(1) Suicide et travail : que faire ? éditions PUF, 2009, 129 pages, 12 euros.

Entretien réalisé par Yves Housson

Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : H.S.C.T.
Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 22:05
A LIRE SUR LE SITE DE SANTE ET TRAVAIL- 14 Septembre 2009 link :

La médecine du travail a-t-elle pu jouer pleinement son rôle de prévention des suicides à France Télécom ? Il est permis de se poser la question au vu du courrier adressé en décembre 2007 au PDG de l'ex-entreprise publique par le syndicat des médecins du travail.

Face aux 23 suicides survenus à France Télécom, les médecins du travail ont-ils pu jouer pleinement leur rôle de prévention ? Certains professionnels en doutent. Si l'on en croit une lettre adressée le 21 décembre 2007 au PDG de France Télécom, dont Santé & Travail s'est procuré une copie, le Syndicat national des professionnels de la santé au travail (SNPST) déplorait alors des « atteintes à la déontologie médicale » et à « l'indépendance des médecins du travail », précisément à propos de la question de la souffrance au travail des salariés. Le syndicat demandait à Didier Lombard « d'user de son autorité pour que cesse rapidement ce trouble qui, à terme, pourrait avoir des conséquences délétères sur la santé des salariés de France Télécom ».


Pour les médecins du travail que nous avons pu contacter et qui ont quitté l'entreprise, France Télécom considère en effet « ses » médecins du travail comme des cadres à part entière, chargés d'accompagner la politique de l'entreprise, et non comme des praticiens au service exclusif de la santé des salariés, comme le prévoit la réglementation.


« Incompatibilités déontologiques »


Ainsi, dans le courrier du SNPST, on apprend que plusieurs médecins de l'opérateur de téléphonie ont refusé de participer à des « cellules d'écoute et de médiation » mises en place par la direction, estimant qu'elles ne constituaient pas la réponse appropriée au développement de la souffrance au travail et en raison « d'incompatibilités déontologiques et réglementaires avec leur statut ». Saisi, le Conseil national de l'ordre des médecins a d'ailleurs émis « les plus extrêmes réserves sur les modalités de mise en œuvre desdites cellules ». Mais la direction de France Télécom, selon le courrier du SNPST, n'a pas mis un terme à la participation des médecins du travail aux cellules et n'a pas transmis non plus aux médecins la position du Conseil de l'ordre. « Pire, est-il dénoncé dans la lettre, certains continuent de subir des pressions pour y participer. »


Une affirmation démentie par la réponse de la direction de France Télécom, qui, dans un courrier du 15 janvier 2008, affirme que les médecins interviennent dans ces cellules d'écoute et d'accompagnement de façon « volontaire » et « en tant que médecin écoutant et non pas en tant que médecin du travail ». Une nuance sémantique qui, toutefois, ne modifiera pas la position du Conseil de l'ordre.


Un peu plus loin, le SNPST reproche à la direction son attitude envers deux médecins du travail qui se sont vus empêchés par les directeurs territoriaux de l'entreprise de participer à « l'animation d'un atelier de formation à destination d'élus CHSCT », là encore sur des questions de santé mentale au travail, au motif que cette « activité se situe hors du champ institutionnel de compétence des médecins du travail ». « La DRH a, par la suite, invoqué un devoir de « réserve » puis de « neutralité » pour maintenir cette interdiction », précise le SNPST.


Pourtant, cette participation à une formation d'élus des CHSCT entre bien dans les compétences et les missions du médecin du travail prévues par l'article R. 241-41 du Code du travail. Dans sa réponse du 15 janvier 2008, la direction de France Télécom estime que l'atelier de formation en question - les assises nationales organisées par l'Observatoire du stress - ne rentrait pas dans le cadre de l'article R. 241-41, « cette initiative syndicale » étant « extérieure à l'entreprise ». Des explications qui ne convaincront l'Inspection du travail, laquelle dressera un procès-verbal transmis au parquet.


« Plusieurs médecins du travail ont préféré démissionner»


En conclusion de son courrier, le SNPST déclare que « plusieurs médecins du travail, s'estimant dans l'impossibilité d'exercer leur mission dans le respect des règles éthiques et déontologiques qui encadrent cette profession, ont préféré démissionner. » De fait, 13 médecins du travail sur les 70 que compte l'opérateur ont démissionné ces quatre dernières années.


Ironie de l'histoire, une copie de ce courrier a été transmise au ministre du Travail de l'époque, Xavier Bertrand. Mais il ne semble pas que l'administration du Travail ait cherché à remédier à ces dysfonctionnements. Elle avait pourtant les moyens de le faire, puisque c'est elle qui délivre l'agrément aux services médicaux du travail.

Xavier Darcos, l'actuel locataire de la rue de Grenelle, qui reçoit Didier Lombard demain va-t-il lui adresser un sévère rappel à l'ordre, sachant que dans la prévention des risques psychosociaux, le médecin du travail joue un rôle clé ? Ce serait une première, sachant que l'Etat est actionnaire majoritaire de l'ex-entreprise publique.

François Desriaux

Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : H.S.C.T.
Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 12:31

Déploiement des sites mixtes :
santé et sécurité des salariés bretons négligées


Rennes, le 08.09.09 

Vos élus CHSCT (SNU, CGT) ont visité 9 sites (Guingamp, Brest Iroise, Vannes, Concarneau, St Malo, Lannion, Lorient, Morlaix), à la demande des agents, confrontés aux difficultés de la mise en place des sites mixtes.

 

Le constat est accablant :

 

Au moment du déploiement, aucune instruction n’avait été délivrée concernant le déploiement des accueils communs. En séance CHSCT, nous avions pourtant de nombreuses fois, alerté la direction sur le danger potentiel d’un tel poste. Nous avions d’ailleurs refusé de donner un avis sur ce déploiement, tant que l’accueil ne serait pas organisé et sécurisé, site par site. Malheureusement le vote des élus de Force Ouvrière (négatif, mais permettant le déploiement sans garantie pour les agents), ne nous a pas permis d’obtenir cette précaution minimale.

Nous avons rencontré des collègues inquiets, jugeant ce poste dangereux et anxiogène.

Nous avons également rencontré plusieurs situations objectivement dangereuses (postes au milieu du public, pas de possibilité de se dégager en cas d’agression).

Dans de nombreuses autres unités, du fait du manque d’anticipation de la décision, le planning ne permet tout simplement pas que l’accueil fonctionne suivant les engagements de la direction.

Les interactions entre les deux accueils et leur coordination ne sont pas du tout préparées.

Dans certaines agences le matériel n’est pas livré ou encore pas branché.

Chacun découvre l’empilement des systèmes d’information et les nombreux changements de mesures ou de procédures, sans formation ni information.

Ces situations mettent les agents en situation d’insécurité professionnelle grave, certains d’entre vous nous ont parlé d’un sentiment d’abandon.

 

Un accident est quelque chose de fortuit et d’imprévisible. Au vu de la situation rencontrée et des alertes précédentes, les élus CGT et SNU au CHSCT  déclarent que si un événement se produit, il ne pourra être considéré comme tel.

 

Les agents d’un site, devant la désorganisation qu’ils rencontraient, ont écrit à la direction régionale en évoquant leur droit de retrait.

Voici un extrait de la lettre de réponse de la direction :

« Ces dysfonctionnements ne représentent pas un danger grave et imminent légitimant l’exercice du droit de retrait »

« Nous vous rappelons que l’exercice d’un tel droit est strictement encadré par la loi, et qu’à défaut d’être légitime, il ne serait pas sans conséquence pour l’agent »

 

En tant qu’élus nous rappelons à la direction que la loi n 82-1097 a reconnu un droit de retrait au bénéfice du salarié qui à un motif raisonnable de penser que la situation dans laquelle il se trouve présente un danger grave et imminent pour sa santé ou pour sa vie.

La notion de motif raisonnable implique que la situation de travail n’a pas à être objectivement ou réellement dangereuse pour le salarié, mais lui même doit avoir des raisons de le penser. La décision du salarié est prise en fonction de sa propre subjectivité.

 

Les élus SNU rappellent à la direction que la récente expertise, réalisée par un cabinet extérieur, a confirmé l’existence de risques psychosociaux chez les salariés de Pôle-Emploi Bretagne. Ce type de posture managériale, qui, à une demande légitime de salarié, répond par une intimidation, potentialise ces risques psychosociaux.

Nos collègues montrent, au quotidien, leur sens des responsabilités en recevant, des demandeurs d’emploi/allocataires en situation difficile. Une intimidation sur un tel sujet met objectivement ces collègues en danger. Craignant une sanction, ils hésiteront à exercer leur droit de retrait et se mettrons en situation de risque (trouble de stress post-traumatique).

 

Les élus CHSCT du SNU demande à la direction de résoudre les problèmes d’organisation rencontrés au quotidien par les agents  et lui rappelle son obligation de résultat en matière de préservation de la santé et la sécurité de ses salariés.

 

Contacts :
serge.hascoet@pole-emploi.fr

He.durand@pole-emploi.fr

Françoise.renard@pole-emploi.fr

.
le tract en version word :     Deploiement-sites-mixtes-08-09-09.doc
Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : H.S.C.T.
Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /Juil /2009 09:33
A lire dans le dernier N° de Modes d'Emplois de juillet 2009-N° 30
ÉLECTIONS CNHSCT
La Direction se dérobe face à ses responsabilités


Pourquoi diable la DG souhaite coûte que coûte supprimer le CNHSCT après la période transitoire à savoir octobre 2009? À cette question la réponse est simple: la direction souhaite se dédouaner de ses responsabilités, face à la dégradation sans précédent des conditions de travail.
L’enjeu de santé public est pourtant posé :

• 6 suicides depuis le début de l’année dont un sur les lieux de travail à St Quentin (Picardie)
• Agressions verbales et physiques au 1er trimestre 2009 équivalent à une année pleine (comparaison 2008, 2007)
• Déstabilisation des personnels à travers le mythe du conseiller personnel sensé à terme tel Shiva répondre aux questions indemnisation et placement
• Sites mixtes déployés avec précipitation sans aucun référentiel national d’aménagement
• Préconisation des modes de management harcelants
• Charges de travail démultipliées (taille des portefeuilles, nouvelles missions: RSA, généralisation du dispositif CTP…)
• Augmentation sans précédent du nombre de chômeurs (+ d’un million fin année 2009)
• Effectifs supplémentaires pas à la hauteur de l’enjeu : 1840 + 500 en plate-forme téléphonique 2340 dont 1340 CDD
• Mobilité forcée (suppression de 30 % des sites)

Cette liste n’étant hélas pas exhaustive. La réalité aujourd’hui est que cette fusion est une confusion sans précédent. Accélérer le processus sans faire d’analyses sérieuses des problématiques posées paraît insensé.

Le CNHSCT n’est pas une instance comme une autre. Elle n’est pas reconnue par le code du travail mais existait pour les agents statutaires (ex-ANPE) et rien n’empêche sa création au sein de Pôle Emploi. L’ambition du SNU est de faire de cette instance un outil national de défense des conditions de travail. Afin d’améliorer nos conditions de vie au travail nous avons doté le CNHSCT transitoire d’un pouvoir d’expertise complémentaire à celui des CHSCT régionaux.

La DG est en justice contre vos représentants. Pourquoi cet acharnement? Une expertise nationale sur les risques psychosociaux et la sécurité des biens et des personnes est-elle dangereuse au point de pouvoir remettre en cause la belle mécanique huilée de la fusion?
Une vision d’ensemble du territoire national de ce que révèlent les expertises confiées à des cabinets indépendants par des CHSCT régionaux(*) est-il à ce point incompatible avec les objectifs de la fusion à marche forcée contre le personnel et les usagers? Telle est la question qui aujourd’hui se pose à nous.


Pour rappel, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L 4121-1 du code du travail). Aujourd’hui celui-ci ne répond pas à cette obligation. Sa responsabilité pénale peut être engagée.

Philippe Sabater

(* )Bretagne, Centre, Corse, Rhone Alpes…


LIRE TOUT MODES D'EMPLOIS N° 30  link  (disponible également dans les agences)
Par SNU modes d'emplois - Publié dans : H.S.C.T.

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8, rue du 7ème Régiment d'artillerie - 35000 RENNES

tél.  : 02 99 30 39 15 - fax. : 02 99 30 42 71
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                         Claudine LEMASSON, Secrétaire Régionale adjointe.
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