Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 22:00
Par Laureline Dupont - Marianne | Mercredi 16 Septembre 2009

La vague de suicides qui touche France Télécom est présentée par la majorité des salariés comme le résultat tragique d'un changement de statut raté. Le Pôle emploi s'apprête à son tour à modifier les statuts de ses deux organismes fondateurs. Là encore sans se soucier du bien-être de ses salariés. Risqué.

Pôle emploi c'est cette institution merveilleuse lancée le 1er janvier 2009 à grands renforts de com' et dont le logo austère a coûté un bras au contribuable (500 000 euros). Pôle emploi c'est aussi, accessoirement, la fusion de deux organismes : l'ANPE, service public, et les Assédic, entreprise privée. Aujourd'hui, dans les faits et dans l'espace, les deux structures sont encore distinctes. Beaucoup conservent leurs locaux d'origine et la fusion n'est qu'un concept flou, davantage source de contraintes que de satisfactions. Les médias ont beaucoup critiqué la nouvelle administration, déplorant les obstacles que celle-ci ajoutait sur le parcours déjà semé d'embûches des demandeurs d'emploi. En revanche, plus rares ont été les informations diffusées sur l'avenir professionnel des agents de cette hydre de Lerne de l'emploi. Et pourtant...

Deux métiers en une journée

D'ici la fin de l'année 2009, les ex-ANPE et ex-Assédic devraient avoir fusionné géographiquement sur un seul et unique site. C'est déjà le cas dans quelques villes. Dans l'Essonne, Longjumeau héberge le premier « vrai » Pôle emploi du département. A l'entrée, deux guichets et deux hôtesses. L'une issue des Assédic, l'autre issue de l'ANPE. Mais « la situation ne va pas durer », assure la directrice. Après plusieurs stages intensifs, elles seront parfaitement polyvalentes. Une polyvalence qui certes facilitera les démarches du demandeur d'emploi, mais qui pourrait poser quelques légers problèmes aux agents de Pôle emploi.

Car le personnel d'accueil n'est pas le seul concerné. C'est bien l'ensemble des employés qui devra, d'ici peu, endosser un rôle qui n'était pas celui choisi au départ. Après des sessions de formation de 3 à 5 jours, les super-agents de Pôle emploi seront capables d'assumer leur ancienne et leur nouvelle activité. Un salarié de l'ANPE sera en mesure à la fois de trouver un emploi et de verser des indemnités, et un salarié des Assédic pourra calculer des droits tout en prospectant des offres d'emploi auprès des entreprises. Elle est pas belle la vie ? Vous aviez un travail, Pôle emploi vous en donne deux ! Evidemment, du côté desdits salariés, on a du mal à le digérer. « Je suis rentrée à l'ANPE pour faire du relationnel, aider les gens à trouver un boulot, à se reconvertir. Calculer des droits et faire le flic, ça ne m'intéresse pas ! », explique ainsi une employée de l'ancienne ANPE des Ulis (Essonne).

Outre l'envie, ou plutôt l'absence d'envie d'exercer un métier imposé, se pose aussi le problème de la charge de travail. Déjà débordés depuis la mise en place du Service mensuel personnalisé (SMP), les agents ANPE ont du mal à envisager l'organisation de leur journée avec une charge de travail doublée. Nombreux sont ceux qui affirment déjà manquer de temps pour la prospection auprès des entreprises. Comment accomplir dans ces conditions une tâche supplémentaire ? Le stress, la surcharge de travail semblent se profiler à l'horizon de la nouvelle institution. Il aurait peut-être été judicieux de la part de Xavier Darcos de convier les directeurs des Pôles emploi à sa petite réunion matinale avec Didier Lombard, PDG de France Telecom...

Deux métiers pour le prix d'un

Petit détail que Laurent Wauquiez semble balayer d'un revers de main : le statut du nouvel organisme bâtard. L'ANPE était un service public, les Assédic appartenaient au privé. Limpide. Les employés de l'ANPE sont des agents contractuels de l'Etat, les employés des Assédic sont des salariés privés. CQFD. Mais les employés de Pôle emploi, que sont-ils ? C'est là que tout se complique. La fusion implique la refonte des statuts des deux organismes. Or cette modification effraie inéluctablement les uns et les autres. Les uns craignent une réduction de leurs droits, les autres tremblent à l'idée de voir leurs salaires diminuer. Toute ressemblance avec une situation existante ne serait que pure coïncidence. Pourtant, la situation à Pôle emploi rappelle cruellement celle de France Télécom. L'effectif de l'opérateur de télécommunications est lui aussi constitué de salariés privés et de fonctionnaires. Ces derniers ont souvent le sentiment de faire les frais du passage du public au privé, un sentiment qui aurait fini par pousser certains au suicide. Pôle emploi, avec sa fusion kafkaïenne, s'apprête pourtant à franchir le même Rubicon. Et aucun de ses agents ne semble avoir envie de piquer une petite tête dans les eaux troubles de cet organisme sui generis.

Une convention collective est actuellement en cours d'élaboration. Elle devrait régler la question de l'homogénéisation des salaires et des droits. Mais rien n'est prévu pour les agents qui n'auraient pas envie de changer de métier.

Retrouvez les dessins de Louison sur son blog

COMMENTAIRE : Plusieurs Mariannautes nous ont signalé l'erreur suivante : les agents de l'ANPE ne sont pas fonctionnaires mais agents contractuels de droit public.
A LIRE AUSSI SUR LE SITE DE MARIANNE :
MERCI MARIANNE
Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : Vu dans la presse
Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 22:14
Dans  la revue POUR de la FSU de septembre 2009, un dossier complet sur la situation de l'emploi.


A
u sommaire :
- L'emploi en crise
- Chômage : l'envolée
- Union européenne : 21 millions de chômeurs
- Les polémiques statistiques
- Une stagnation de longue durée, par Thomas Coutrot, économiste
- Pôle emploi : bien mal parti, pas prêt d'arriver
- L'emploi des seniors
- L'emploi des jeunes
- Peu de relance à l'horizon


  Télécharger la revue complète(n° 138) :

POUR138.pdf





ou directement sur le site de la
FSU : link





 






Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE
Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 22:05
A LIRE SUR LE SITE DE SANTE ET TRAVAIL- 14 Septembre 2009 link :

La médecine du travail a-t-elle pu jouer pleinement son rôle de prévention des suicides à France Télécom ? Il est permis de se poser la question au vu du courrier adressé en décembre 2007 au PDG de l'ex-entreprise publique par le syndicat des médecins du travail.

Face aux 23 suicides survenus à France Télécom, les médecins du travail ont-ils pu jouer pleinement leur rôle de prévention ? Certains professionnels en doutent. Si l'on en croit une lettre adressée le 21 décembre 2007 au PDG de France Télécom, dont Santé & Travail s'est procuré une copie, le Syndicat national des professionnels de la santé au travail (SNPST) déplorait alors des « atteintes à la déontologie médicale » et à « l'indépendance des médecins du travail », précisément à propos de la question de la souffrance au travail des salariés. Le syndicat demandait à Didier Lombard « d'user de son autorité pour que cesse rapidement ce trouble qui, à terme, pourrait avoir des conséquences délétères sur la santé des salariés de France Télécom ».


Pour les médecins du travail que nous avons pu contacter et qui ont quitté l'entreprise, France Télécom considère en effet « ses » médecins du travail comme des cadres à part entière, chargés d'accompagner la politique de l'entreprise, et non comme des praticiens au service exclusif de la santé des salariés, comme le prévoit la réglementation.


« Incompatibilités déontologiques »


Ainsi, dans le courrier du SNPST, on apprend que plusieurs médecins de l'opérateur de téléphonie ont refusé de participer à des « cellules d'écoute et de médiation » mises en place par la direction, estimant qu'elles ne constituaient pas la réponse appropriée au développement de la souffrance au travail et en raison « d'incompatibilités déontologiques et réglementaires avec leur statut ». Saisi, le Conseil national de l'ordre des médecins a d'ailleurs émis « les plus extrêmes réserves sur les modalités de mise en œuvre desdites cellules ». Mais la direction de France Télécom, selon le courrier du SNPST, n'a pas mis un terme à la participation des médecins du travail aux cellules et n'a pas transmis non plus aux médecins la position du Conseil de l'ordre. « Pire, est-il dénoncé dans la lettre, certains continuent de subir des pressions pour y participer. »


Une affirmation démentie par la réponse de la direction de France Télécom, qui, dans un courrier du 15 janvier 2008, affirme que les médecins interviennent dans ces cellules d'écoute et d'accompagnement de façon « volontaire » et « en tant que médecin écoutant et non pas en tant que médecin du travail ». Une nuance sémantique qui, toutefois, ne modifiera pas la position du Conseil de l'ordre.


Un peu plus loin, le SNPST reproche à la direction son attitude envers deux médecins du travail qui se sont vus empêchés par les directeurs territoriaux de l'entreprise de participer à « l'animation d'un atelier de formation à destination d'élus CHSCT », là encore sur des questions de santé mentale au travail, au motif que cette « activité se situe hors du champ institutionnel de compétence des médecins du travail ». « La DRH a, par la suite, invoqué un devoir de « réserve » puis de « neutralité » pour maintenir cette interdiction », précise le SNPST.


Pourtant, cette participation à une formation d'élus des CHSCT entre bien dans les compétences et les missions du médecin du travail prévues par l'article R. 241-41 du Code du travail. Dans sa réponse du 15 janvier 2008, la direction de France Télécom estime que l'atelier de formation en question - les assises nationales organisées par l'Observatoire du stress - ne rentrait pas dans le cadre de l'article R. 241-41, « cette initiative syndicale » étant « extérieure à l'entreprise ». Des explications qui ne convaincront l'Inspection du travail, laquelle dressera un procès-verbal transmis au parquet.


« Plusieurs médecins du travail ont préféré démissionner»


En conclusion de son courrier, le SNPST déclare que « plusieurs médecins du travail, s'estimant dans l'impossibilité d'exercer leur mission dans le respect des règles éthiques et déontologiques qui encadrent cette profession, ont préféré démissionner. » De fait, 13 médecins du travail sur les 70 que compte l'opérateur ont démissionné ces quatre dernières années.


Ironie de l'histoire, une copie de ce courrier a été transmise au ministre du Travail de l'époque, Xavier Bertrand. Mais il ne semble pas que l'administration du Travail ait cherché à remédier à ces dysfonctionnements. Elle avait pourtant les moyens de le faire, puisque c'est elle qui délivre l'agrément aux services médicaux du travail.

Xavier Darcos, l'actuel locataire de la rue de Grenelle, qui reçoit Didier Lombard demain va-t-il lui adresser un sévère rappel à l'ordre, sachant que dans la prévention des risques psychosociaux, le médecin du travail joue un rôle clé ? Ce serait une première, sachant que l'Etat est actionnaire majoritaire de l'ex-entreprise publique.

François Desriaux

Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : H.S.C.T.
Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 20:57

à lire dans l'humanité de ce jour : plusieurs articles sur ce qui se passe à France Télécom.

et notamment :

Au 23ème suicide, l'Etat intervient enfin chez France télécom

Le ministre du Travail rencontre aujourd’hui le PDG. Mais le gouvernement reprend la thèse des « drames personnels ».

Ce n’est pas ce que ressentent les salariés du groupe. Dans l’Humanité mardi, la "lettre ouverte" d’un salarié réduit à un matricule.


Après la direction de France Télécom, c’est maintenant le gouvernement qui est obligé de réagir, tout aussi tardivement, à la vague de suicides parmi le personnel de France Télécom. Après le nouveau drame survenu vendredi, portant à 23 le nombre de suicides depuis début 2008 dans l’entreprise ex-publique, il descend dans l’arène. Le ministre du Travail, Xavier Darcos, qui se dit « très préoccupé » par la situation, doit rencontrer ce matin le PDG du groupe, Didier Lombard. Le dialogue devrait rester cordial, si l’on en croit les mesures déjà « exigées » par le ministre : il propose que son directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle, assiste à la prochaine réunion du comité national d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CNHSCT) de l’entreprise. Il demande également à l’entreprise d’ouvrir des négociations sur le stress… alors que ces discussions étaient déjà au programme, et doivent démarrer vendredi…


« C’est une obligation, c’est un devoir pour l’entreprise et pour le gouvernement, qui est puissamment actionnaire, de se pencher sur cette question », a déclaré, hier, solennel, le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, pour qui « le ministre va voir avec le président de France Télécom les moyens d’apporter une aide morale, psychologique à l’ensemble du personnel, et s’il y a des mesures en termes d’organisation du travail qui peuvent y mettre un terme ». L’Élysée reprend la ligne de défense de la direction du groupe : « Le suicide est une affaire trop grave, trop personnelle, pour qu’on puisse réduire ce phénomène à un problème d’organisation d’entreprise », a déclaré Claude Guéant. L’intervention de la direction s’apparente, pour lui, à de la « solidarité », à un devoir moral de « venir au secours de ceux qui sont dans la difficulté, dans la détresse ». Une orientation qui fait bondir les syndicats. « La communication sur les problèmes personnels des salariés est scandaleuse, réagit Christine Pernot, déléguée syndicale centrale SUD à France Télécom. Ça fait douze ans qu’on nous renvoie sur la fragilité individuelle, c’est un alibi de la direction. » « Les salariés sont fragilisés par la stratégie de l’entreprise », appuie Christian Mathorel, de la CGT. De même, le secrétaire national de la CFDT, François Chérèque, a estimé, sur LCI, que « passer à l’acte sur son lieu de travail, c’est un appel sur un problème directement lié à ce lieu ». Dans ce cadre, la CGT, dans un communiqué de la confédération, considère que les « directions d’entreprise qui refusent d’écouter les organisations syndicales portent une lourde responsabilité dans ces terribles drames ».

Les syndicats attendent une intervention ferme de l’État : « Qu’il impose à France Télécom de réelles mesures pour enrayer cette spirale infernale, comme le gel des restructurations, et l’ouverture de véritables négociations sur l’organisation du travail », lance Christine Pernot, de SUD. « Que l’État contraigne l’entreprise à revoir sa stratégie sur l’organisation du travail, son contenu, ses finalités. On ne réglera pas le problème avec des mesures provisoires et curatives », explique Christian Mathorel, qui souligne la responsabilité de l’État, principal actionnaire de l’entreprise. « Rien de ce qui arrive n’était imprévisible. L’État a créé les conditions. Il devait soi-disant rester actionnaire à 100 %, il a vendu ses parts pour descendre à 26 %. Et chaque mois il valide la stratégie de l’entreprise au conseil d’administration. » La ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a justement demandé la convocation « urgente » d’un CA. « Ce sera bien la première fois que les représentants de l’État et de la direction y évoqueront la situation des salariés », ironise le syndicaliste.

Fanny Doumayrou



Par SNU pôle-emploi FSU BRETAGNE - Publié dans : Vu dans la presse

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