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re du congrès de la FSU : Véronique Pasty et Colette Pronost travaillent à Pôle Emploi. La première est Secrétaire Générale Adjointe du SNU-TEFI, la seconde est Secrétaire Générale Adjointe du SNU pôle Emploi. Lydia Saouli est Inspectrice du travail, membre du Secrétariat du SNU-TEFI et du Bureau National du SNU TEF. Enfin, Saloua Bouledjouidja, membre du secrétariat du SNU-TEFI, travaille dans une Mission Locale.
Au service du social
Sur leur lieu de travail, elles défendent la même conception du service public de l’emploi : conseiller, aider, accompagner les usagers pour répondre à leurs besoins réels et non pour
respecter les injonctions ministérielles ; faire respecter les droits des salariés et renforcer le rôle de « vigie sociale » de l’inspection du travail. Au quotidien, leurs
tâches sont de plus en plus soumises à des impératifs budgétaires et formatées par des logiques managériales. Elles dressent un tableau inquiétant de l’avenir du service public de l’emploi.
Dans ce paysage sombre, les résultats des élections professionnelles de décembre 2009 à Pôle Emploi ouvrent de nouvelles perspectives : le SNU-TEFI est arrivé en tête. Véronique et Colette
peuvent être fières de ce succès qui confirme la large adhésion des salariés de Pôle Emploi aux valeurs défendues par leur jeune syndicat, entré à la FSU en 2004.
Résultats dévastateurs de la culture du résultat
Contrats d’objectifs, évaluation professionnelle, rémunération individualisée : la même logique prévaut dans toutes les branches. Au nom de la RGPP, des services sont regroupés, des
emplois sont supprimés et les agents sont soumis à la culture du résultat. Pour Saloua, de la Mission locale, les contrats d’objectifs ont des effets dévastateurs. « Tout l’aspect social
de mon travail passe à la trappe. Nous sommes passés d’une logique d’accompagnement à une logique de placement ». Elle a par exemple l’obligation de saisir sur un logiciel national les
actes réalisés dans la journée. Instrument d’une véritable chasse aux fraudeurs, ce logiciel se croise avec celui de Pôle Emploi et de la CAF. Lydia souligne aussi combien ce logiciel ne
reflète en rien le quotidien de son travail. Même scénario pour Lydia, inspectrice du travail, qui fait de la résistance mais au prix d’un avancement bloqué. Dans son travail quotidien à Pôle
Emploi, Colette se refuse à raisonner en termes quantitatifs. Les contrats d’objectifs ont vu le jour à l’ANPE dans les années 90 sous le label « contrats de progrès ». L’Etat
s’engageait alors sur des promesses de recrutements, des aménagements de site mais, en contrepartie, l’Agence devait remplir un certains nombres d’objectifs chiffrés (retour à l’emploi,
relations entreprises…). Des primes de performances étaient liées aux résultats. L’ANPE a vraiment été le laboratoire de ces politiques testées sur un personnel fragilisé composé
majoritairement de contractuels. Dans certains services, la situation devient ubuesque. Les objectifs affichés étant inatteignables, des agents ou des services n’hésitent plus à truquer les
résultats.
Derrière toutes ces injonctions et cette culture du chiffre, un seul objectif : afficher un taux de chômage en baisse et masquer les effets de la crise. Pour Colette, c’est aussi la
confiance du demandeur d’emploi qui est émoussée. Les conseillers n’ont plus le temps d’un suivi personnalisé, d’un travail de deuil sur un projet initial. La qualité du service rendu n’est
plus au rendez vous et la frustration est grande chez ces salariés attachés à leur mission sociale de service public. Le rapport aux usagers s’en trouve totalement dépersonnalisé. Au sein de
l’Inspection du Travail, les priorités sont déclinées à toutes les échelles du local au national. Actuellement, la pression s’exerce en vue du respect des normes d’hygiène et sécurité, mais
aussi sur les élections des délégués du personnel dans les entreprises de moins de 50 salariés et sur le travail illégal. Tout cela se fait aux dépends des questions liées aux salaires ou aux
heures supplémentaires. Si les Inspecteurs n’appliquaient que les priorités, tout un pan du droit du travail ne serait pas appliqué. Dans ce secteur aussi, les primes sont à la hauteur des
performances réalisées.
Urgence et souffrance à Pôle Emploi
La fusion de l’ANPE et des Assedic, qui a pris effet en janvier 2009, et la création de sites mixtes ont des répercussions graves sur les salariés et la qualité des services aux usagers. Véronique et Colette rappellent le combat mené par le SNU-TEFI pour empêcher ce « mélange des genres » entre les métiers de l’indemnisation et du conseil. Avis partagé par la majorité des salariés, y compris ceux issus des ex-Assedic qui ont voté massivement pour le SNU. Pour Véronique, c’est la victoire d’un programme syndical -la défense des services publics de l’emploi- mais aussi d’une certaine conception du syndicalisme : un syndicalisme d’abord tourné vers la défense de tous les personnels. Avec la fusion, du jour au lendemain, les agents se sont retrouvés en charge de missions auxquelles ils n’étaient pas formés et sur des sites parfois très éloignés de leur résidence. Les agents ont eu le droit a seulement trois jours de formation pour être performants sur les questions d’indemnisation. Véronique revient sur les dix-neuf tentatives suicides depuis un an dont deux sur le lieu de travail. Le ministère a été tenu par la loi de mettre en place une réunion sur les risques psycho-sociaux mais le projet proposé est très insuffisant. Le malaise s’approfondit.
Lydia et Saloua constatent amèrement combien, y compris dans leurs secteurs d’activités, la précarité et la perte de sens du travail gagnent du terrain. Le jour où Saloua a alerté sa direction
sur la souffrance des collègues dont les postes étaient menacés, il lui a été signifié que le contact avec un public en précarité devait les préparer à affronter ce type de situation. Face à de
telles assertions, un engagement résolu est plus que jamais nécessaire.
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ci-après une communication de notre organisation concernant la commission nationale de gestion des activités sociales et culturelles :
DECISIONS de la CNGASC
(Commission Nationale de Gestion des Activités Sociales et Culturelles) du 1er février 2010 à Paris
La DG procède cette semaine au versement en direction des CE du montant estimé nécessaire pour les subventions des 4 prestations enfants décidées en janvier.
Les prestations enfants sont mises en place pour une durée 12 mois.
Les prestations « Séjour jeunes » et « Classes transplantées » disparaissent (vote contre ces prestations : FO, CFDT, CFTC, CGC), alors que l’on se souvient des engagements pris par C. CHARPY sur la garantie du maintien des prestations interministérielles ! Si elles avaient été mises en place, elles n’auraient représentées que 4,4% de la dotation totale. … Engagement non respecté !
En lieu et place est créée une dotation nationale d’un maximum de 200 € par enfant, sur justificatifs de dépenses réelles engagées sur la période travaillée à Pôle emploi, pour les personnels en CDI comme en CDD (y compris contrats aidés), dès le premier jour travaillé.
73.30% de la dotation totale est donc dévolue aux seuls enfants de moins de 18 ans, sans que soit mise en place une modulation en fonction des revenus et des charges des foyers.
Les collègues sans enfant et ceux ayant les plus bas revenus apprécieront !
Nous en appelons aux CE pour un rééquilibrage de l’offre d’Activités Sociales et Culturelles en direction de ces personnels laissés pour compte, avec l’application d’un quotient familial.
Nous dénonçons l’absence de personnalité juridique et morale de cette pseudo-commission qui ne lui permet pas d’assumer ses décisions et qui ne lui permettra pas demain de reprendre la gestion des structures de vacances de l’Adasa, au risque de les voir disparaître !!!!
Nous déplorons le caractère arbitraire de cette commission ainsi que ses injonctions faites aux CE.
Le SNU souhaite une commission respectueuse de la représentativité issue des urnes qui soit l’expression des choix des agents exprimés par leur vote lors des élections professionnelles. Pour information dans cette commission, une OS = une voix !
Nous nous battons, y compris sur le plan juridique, pour faire respecter vos voix.
Paris le 03/02/2010
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